Le vote des députés en faveur de l’impeachment de DilmaRousseff, n’est pas le dernier mot pour son gouvernement mais cela y ressemble assez. Le Sénat doit encore accepter la procédure et juste après voter la destitution. Depuis Brasilia, le journaliste Bruno Lupion explique ce qui va se passer et décortique les causes politiques et économiques qui ont permis que l’opposition, qui n’avait pas de preuves contre la mandataire, plonge la démocratie du Brésil dans l’une des pires crises qu’elle a connue.



Traduction: Pascale Cognet

 

Les accidents aériens n’arrivent pas à cause d’une erreur unique mais bien à cause d’une suite d’erreurs. L’instrument qui mesure la vitesse est gelé, le pilote automatique ne fonctionne plus, le copilote ne se souvient plus de ce qu’il a appris lors de l’entraînement et le pilote chevronné reste sans réaction. Si cela se produit en pleine tempête, les chances de tomber sont encore plus grandes.

 

Dimanche, sous les yeux du monde entier, un par un, les députés brésiliens, ont, pendant six heures, donné  leurs raisons les plus invraisemblables pour dire “oui” à la mise en accusation et plonger la démocratie brésilienne dans son pire moment. 33% l’ont fait au nom de Dieu, 36% au nom de la famille, 25% pour le Brésil; l’un d’eux a dédié son vote au militaire qui a torturé DilmaRousseff et un autre l’a dédié au coup d’Etat de 64.

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Les règles d’un accident aérien peuvent s’appliquer au gouvernement de la présidente brésilienne DilmaRousseff, qui,après le vote des députés s’est retrouvée au bord de la destitution avec la mise en accusation. La tempête parfaite l’a attrapée à cause des mesures  économiques erronées qu’elle a prises au milieu du tourbillon dela dévalorisation des commodities et  alors qu’elle devait affronter une opération anti-corruption, qui a touché le cœur du pouvoir. Une lecture rapide permettrait de dire que les présidents de centre-gauche sont en train de perdre de la force dans toute l’Amérique Latine, mais le contexte international ne suffit pas pour expliquer ce qui se passe en ce moment au Brésil. Les éléments dans les coulisses qui ont conduit au drame brésilien sont bien plus complexes et ont permis de la mettre en accusation sans preuves et à terme l’exclure du pouvoir.

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Erreurs  dans la politique

 

 

Le succès d’un gouvernement au Brésil est lié à la capacité d’un président d’influencer et de maintenir un dialogue  avec les députés et les sénateurs du Congrès National, qui est divisé en 25 partis. Dilma, qui n’avait jamais eu de charge élective dans le législatif ou l’exécutif avant d’assumer la présidence en 2011 lorsqu’elle a succédé à Lula da Silva, a démontré qu’elle avait des difficultés pour mener à bien cette tâche. Le manque de tact politique fait partie des erreurs qui caractérisent Dilma. Ses alliés et ses opposants s’accordent sur son  manque de disposition et d’habileté pour développer des relations de bonne entente  avec les politiciensdu congrès. Au début de son mandat en 2011, elle a construit l’image d’une femme de fermeté qui ne s’associaitpas avec les politiciens par intérêt.

 

 

La confrontation avec le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien a été déterminante dans le déclenchement de la crise.Le PMDB est le plus grand parti du Brésil.Il a la majorité des députés, des sénateurs, des préfets et des gouverneurs du pays. Le vice-président du Brésil, Michel Temer, est le président national du PMDB et il assumera les fonctions de président au Palais de Planalto, siège du gouvernement du Brésil, au cas où le Sénat accepte de soumettre Dilma à la procédure de destitution, pendant laquelle la présidente sera suspendue. Une périodequipeutdurerjusqu’àsixmois.

 

 

Le PMDB est né pendant la dictature pour représenter les modérés qui défendaient la re-démocratisation, et il a servi de base aux congressistes de plusieurs fronts politiques.Une fois les années passées, son programme a s’est vidé de sa substance. C’est un pacte entre factions régionales, dans lequel les leaders ne s’unissent pas par affinité partisane mais plutôt pour augmenter leur capacité à défendre leurs intérêts.

 

 

Dilma a tenté de réduire la force du PMDB lors de son deuxième mandat le 1er janvier 2015, misant sur l’augmentation de deux autres partis, le PSD[NdT :Parti Social démocratique] et Pros [NdT :Parti Républicain de l’Ordre Social]. Le plan n’a pas fonctionné : ces derniers ne se sont pas développés, le PMDB s’est senti menacé et la relation s’est détériorée.

 

 

La campagne de 2014 a fait sauter les ponts

 

 

La campagne pour la réélection de Dilma a été difficile. Les enquêtes ont mené la présidente au match nul avec son adversaire Marina Silva, et Dilma  a choisi l’attaque pour gagner. Elle a promis en plus à ses électeurs que, en cas de réélection,  il n’y aurait pas besoin d’ajustement fiscal.

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“Qu’est-ce que l’ajustement fiscal?″ s’est interrogée  Dilma face aux médias. ″Une grande compressionbudgétaire qui permet de faire des coupes partout pour payer les intérêts  aux banques. On n’a pas besoin de cela″ a-t-elle assuré. Devant les caméras, elle a aussi expliqué que si Marina Silva gagnait, la nourriture viendrait à manquer dans les assiettes des pauvres. Peu de temps  après avoir été réélue, Dilma a eu recours à une grande coupe budgétaire qui a commencé par toucher les plus appauvris, en durcissant les conditions pour toucher l’assurance chômage. Ces promesses de campagne non tenues lui ont été rappelées dans les manifestations récentes contre elle.

 

 

L’individualisme de Lula

 

 

L’ex président Lula a décidé que  Dilma serait son successeur en 2009, quand elle était ministre, dans un processus de réflexion individuelle et dans lequel il n’a pas n’a pas impliqué son parti, le Parti des Travailleurs (PT). La décision l’a renforcé personnellement, mais a affaibli le parti qui avait d’autres noms,  avec pourtant davantage d’ancienneté dans le parti, pour briguer le poste,

 

Maintenant que Lula a été mis en examenpar la justice, le gouvernement fédéral de Dilma et le PT se sont rejoints  dans la défense juridique et symbolique de l’ex président. Ce scénario a des traits communs avec l’individualisme dans la politique latino-américaine et lie l’avenir du PT, un des plus grands partis brésiliens, à l’avenir personnel de Lula. Les enquêtes assurent  que si l’on avançait les élections, une possibilité envisagée par les dirigeants en place pour ne pas perdre le pouvoir, il serait le gagnant.

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Erreurs  dans l’économie 

 

Le PBI brésilien a stagné en 2014, a diminué de 3,8% en 2015 et devrait chuter de plus de 3,6% cette année. C’est la pire  récession de l’histoire du pays. Le chômage est sur le point de dépasser le taux des 10%, ce qui ne se produisait pas il y a neuf ans. En outre, l’industrie s’est affaiblie et la dépendance par rapport aux matières premières a augmenté.La participation de l’industrie dans le PBI est tombée de 18% en 2004 à 9% en 2015. Cela s’est produit à cause du manque d’investissements dans la recherche scientifique, dans le développement et les infrastructures. Dans cette configuration, l’idée que le Brésil serait un pays  ayant la vocation de produire des céréales et des minerais pour le monde, est renforcée. Quelque chose  qui peut être viable lorsque le prix des matières premières est élevé, mais pas maintenant alors que les prix sont bas.

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Artifices comptables  

 

Le gouvernement de Dilma tenta de dissimuler les marques de fragilité de l’économie par le biais de ce qu’on appelle des artifices comptables. Le principal artifice  a consisté  à retarder des paiements à des banques d’état en charge des politiques publiques, comme la dite ″Bourse Famille″ (aide aux familles les plus défavorisées) et des prêts aux entreprises à intérêts subventionnés. L’opposition affirme que le gouvernement, en faisant cela, acrééun prêt déguisé, ce qui est interdit par la loi, pour financer les aides sociales. C’est une  faute administrative et c’est le motif de la demande de procédure de destitution qui a obtenu le feu vert dimanche.

 

 

La réélection a retardé la correction de trajectoire

 

 

Les signes de la détérioration économique étaient clairs en 2014, année électorale, mais le gouvernement a décidé de ne pas réduire les dépenses cette année-là pour assurer la réélection de Dilma. Ce retard aempiré la situation de l’économie.

 

 

Certains prix, comme ceux  du carburant et de l’électricité qui étaient contrôlés par le gouvernement, ont subi de grandes augmentations en 2015, faisant monter l’inflation. Une fois sa réélection obtenue, Dilma a aussi baissé le budget pour la construction des quartiers populaires, pour lefinancement des bourses universitaires et pourstimulerla productionpar le biais de prêts des banques publiques.Résultat, il y a eu un refroidissement de l’économie.

 

 

La tempête de l’opération “Lava Jato”

 

 

En plus des erreurs dans la conduite de la politique économique, Dilma a eu la malchance d’être la présidente au moment où se produisait la plus grande opération anticorruption de l’histoire du Brésil.

 

 

Elle a commencé en 2014 avec l’arrestation d’Alberto Youssef, un personnage qui naviguaitdans les eaux du marché de change et de la contrebande. Une fois arrêté, et pour obtenir les bénéfices que la loi accorde aux repentis, il a parlé devant la justice ce qui a permis que l’on ouvre l’enquête sur les mécanismes de corruption dans la plus grande entreprise brésilienne, Petrobras et également dans les plus grosses entreprises de constructions du pays ainsi que dans les partis politiques.

 

 

Le Ministère Public Fédéral et la Police Fédérale, avec le juge Sergio Moro qui supervise l’enquête, ont continué à offrir des avantages à ceux qui dénonceraient les autres participants  impliqués dans l’affaire. Les premiers arrêtés -pour la plupartdescavistes [NdT : cueveros (cavistes) terme utilisé pour parler des agents de maisons d’échange de devises illicites (cuevas)] de sociétés financières- ont conduit jusqu’aux directeurs de Petrobras, qui à leur tour, ont permis d’arriver jusqu’aux présidents des entreprises de construction et aux politiques. Il y a, au moins 22 députés et 12 sénateurs qui font l’objet d’enquêtes ou qui doivent répondre devant un tribunal pour des problèmes liés à Lava Jato. [NdT:opération de police Lava Jato (Karcher en français)].

 

 

Le président de la plus grande entreprise de construction du pays, Marcelo Odebrecht, a été arrêté en juin 2015 et est toujours en prison aujourd’hui. D’autres présidents et directeurs d’entreprises de constructionsont aussi  été arrêtés, quelque chose d’inimaginable au Brésil il y a peu.

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L’opération a aussi paralysé plusieurs chantiers de constructions d’infrastructures, qui ont conduit à des licenciements massifs d’ouvriers et à la faillite de petites entreprises.En 2015, l’opération a eu un impact négatif de 2,5% sur le PBI, d’après les calculs des experts.

 

 

L’enquête appelée “Lava Jato”  a augmenté  l’instabilité du scénario politique. Le président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha – qui a mené l’opération aboutissant au vote favorable à la procédure de destitution  de Dilma- et le président du Sénat, Renan Calheiros,  sont impliqués dans l’affaire du Lava Jato. Les deux sont du PMDB.

 

 

En février 2016, l’enquête est remontée jusqu’à Lula, accusé d’avoir fait financer des travaux, dans une propriété rurale  qu’il utilise,par des entreprises de construction impliquées dans l’affaire “Lava Jato”. Le juge le suspecte aussi d’avoir  bénéficié de travaux dans un appartement à Guarujá, ville du littoral sud-est du Brésil. Ils auraient été financés par les entreprises de construction mises en examen.

 

 

Le 16 mars a été un des jours les plus dramatiques de la crise politique, lorsque le juge Sergio Moro aurait révélé à la presse des enregistrements audios entre l’ex président et Dilma, dans lesquels elle lui disait qu’elle lui ferait parvenir des documents pour sa désignation comme fonctionnaire de son gouvernement. L’opposition les a accusés de manœuvre permettant à l’ancien président d’avoir une protection juridiqueau cas où la justice l’atteindrait.On parlait à ce moment- là du risque pour Lula d’être arrêté.

 

 

Plus tard, le ministre TeoriZavascki, du Tribunal Suprême de la justice; chargé de  vérifier les actions menées au cours de l’enquête Lava Jato, a mis un frein aux actions de Moro et a critiqué la divulgation des écoutes.

 

 

Une manifestation sur l’Avenue Paulista, coeur financier de la plus grande ville du Brésil, São Paulo, a réuni 500 mille personnes. Elle a été qualifiée de plus grande manifestation de l’histoire de la ville.  Son héros, Sergio Moro, le motif, la lutte contre la corruption. Les congressistes des partis d’opposition, dont une grande partie des membres faisait l’objet d’une enquête pour corruption, ont parlé devant la foule et ont été ovationnés. En réponse, les rues se sont remplies de partisans du PT en faveur du maintien au pouvoir du gouvernement. Néanmoins, après que le Lava Jato ait commencé à atteindre  le noyau du PT, l’expression ″combat contre la corruption″ a atteint sa force maximale en tant que discours capable de renforcer le soutien aux politiciens qui avaient comme objectif l’exclusion deDilma du pouvoir, même si cette dernière ne faisait pas l’objet d’enquête. Le slogan anti-corruption  a montré son efficacité, même si, des corrompus, il y en a dans tous les partis et surtout à la Chambre des Députés, sur 513 législateurs, 299 sont mêlés à des affaires judiciaires.

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Le risque de chute

 

 

Après le vote de dimanche, à la Chambre des Députés, il y a deux grands obstacles que Dilma doit surmonter si elle ne veut pas voir son gouvernement chuter. L’un, c’est que le Sénat décide d’avancer dans la procédure de destitution et la remplace pendant cette procédure- qui peut durer six mois- par son vice-président Michel Temer, un homme politique du PMDB et qui est déjà en train de répéterses discours comme président. L’autre, c’est une accusation auprès de la justice électorale  pour le financement de la campagne électorale pour sa réélection, qui aurait utilisé de l’argent détourné de la Petrobras.

 

 

Impeachment

 

 

Au Brésil, n’importe quel citoyen peut présenter une dénonciation en demandant la mise en accusation (impeachment)  d’un président de la République pour ″crime de responsabilité″. Une catégorie qui inclue de graves délits politiques  spécifiques, comme la corruption, et d’autres aussi importants qu’enfreindre la loi du budget.

 

 

Les demandes arrivent à la Chambre des Députés et le président de la chambre décide de poursuivre ou de classer les demandes. En septembre de l’an passé, trois avocats brésiliens ont présenté une dénonciation qui a été acceptée en décembre par le président de la chambre Eduardo Cunha, ennemi de Dilma,lui-même accusé de recevoir des pots de vin et de blanchiment d’argent.

 

 

L’opposition requérait 342 députés sur 513 pour poursuivre l’impeachment, ce qu’ils ont largement obtenu dimanche. Maintenant, le destin de Dilma se  joue au Sénat, où se poursuit la procédure. Comme avec les députés, il y aura d’abord  une commission pour statuer sur la mise en examen ou non. Si la commission l’accepte, elle la soumettra au vote en assemblée plénière laquelle  devra ratifier la décision. Au moins 41 sénateurs sur 81 devront voter ″oui″. C’est à partir de là que s’ouvre le procès. Pendant ce procès, à partir de l’acceptation de l’impeachment jusqu’au vote final, la présidente devra quitter le pouvoir temporairement.Cela peut aller jusqu’à six mois. Si cela ne débouche pas sur une décision, elle pourra revenir au pouvoir tant que durera le procès. 

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Eduardo Cunha est un ennemi personnel de la présidente et aussi un des accusés  dans l’affaire Lava Jato. Il a commencé à faire de la politique en rassemblant des moyens pour la campagne de l’ex président Fernando Collor, destitué en 1992. Mais lui aussi- en plus de l’accusation dans l’affaire  Lava Jato- a un procès contre lui à la chambre des députés, on réclame  sa destitution  de son poste car il est accusé d’avoir menti  en disant n’avoir pas de comptes à l’extérieur alors qu’ils ont été découverts par la suite par le Ministère Public Suisse.

 

 

Même si lors du vote des députés du dimanche 18 avril, pour mettre Dilma en accusation les raisons ont été des plus diverses, il y a deux causes formelles. Le  retard de paiement  aux banques d’état  qui effectuent  des dépôts pour mettre en œuvre les politiques publiques. Les banques payaient  les personnes et les entreprises sans recevoir le dépôt officiel ce qui est considéré comme ″un pédalage″ [NdT : ″dribble fiscal″]  car selon l’opposition il s’agissait d’un crédit déguisé, quelque chose d’interdit. L’autre raison  a été la signature de décrets pour augmenter le budget sans passer par le Congrès. Formellement, ce sont ces charges qui,  après six heures de défilés des députés devant le micro, ont permis de  totaliser les 367 votes en faveur de l’impeachment.  Il y a eu 137 votes pour le ″non″, 7 abstentions et 2 absences. Un des derniers législateurs à voter pour le maintien du gouvernement a qualifié la procédure de mise en examen de vote indirect piloté par un ″voleur″, Cunha, et un traître, Temer, dans l’objectif d’annuler le vote populaire du 5 octobre 2014.

 

Lutter jusqu’au bout

 

 

Le parti au pouvoir, et une partie de l’appareil judiciaire, affirment qu’il n’y a pas de preuves que Dilma ait commis  un″ crime de responsabilité″. Pour eux, l’opposition veut profiter du moment de crise pour prendre le pouvoir. En outre, au Brésil, il y a des entités puissantes qui ont des raisons pour soutenir l’impeachment. La fédération des industries de l’Etat de São Pauloainsi que  l’Ordre des Avocats du Brésil tirent les ficelles dans l’ombre  contre Dilma.

 

 

Si Dilma réussit à échapper à l’impeachment, ce qui paraît difficile dans le scénario actuel, elle devra affronter très vite l’enquête qui suit son cours au niveau de  la justice électorale et qui demande la destitution du gouvernement du PT, y compris de la présidente elle-même et cette fois aussi, de son vice-président, Michel Temer, à cause du financement de sa campagne pour la réélection de 2014.

 

L’accusation reste encore à prouver. Cependant la quantité de faits qui viennent des témoignages du dossier de l’Opération Lava Jato n’est pas négligeable. Devant cette situation, le parti au pouvoir voit une issue possible dans l’appel à des élections anticipées. La tempête parfaite qui menace  Dilma la met dans une situation très fragile. En  sa faveur, joue le fait qu’on n’a pas prouvé qu’elle ait bénéficié de pots de vin de Petrobras. Lula continue à être un leader influent. Une partie de la classe juridique, des étudiants et des artistes soutiennent le maintien de Dilma à son poste. Il y a là une différence avec ce qui s’est passé en 1992 avec l’ex président Fernando Collor, quand le pays entier s’était uni pour sa destitution.

 

Pour le moment, Dilma a encore le sceau présidentiel en mains et peut négocier avec le reste des partis. Sa base au Sénat est un peu meilleure qu’à la Chambre des Députés, ce qui pourrait l’aider à survivre. Pas la moindre possibilité.

 

Les prochaines semaines vont être imprévisibles au Brésil, et, quoiqu’il advienne, les prochaines années seront agitées pour la population brésilienne. L’économie mettra du temps à se relever et il n’y a pas, dans le scénario électoral, une issue claire qui réponde aux désirs de renouveau en politique. L’histoire se chargera  de dire si cela se produira  enfin ou si un représentant de la classe politique de toujours- et responsable d’avoir mené le Brésil à cette crise- sera celui qui occupera le Planalto.

 

 

Avec la collaboration de  Felipe Dias

 

 

 

 


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